Lundi 12 décembre 2011
1
12
/12
/Déc
/2011
07:15
Oise : le délégué syndical se suicide sur son lieu de travail
L’usine
Saint-Gobain est en état de choc. Vendredi matin, un chef d’équipe âgé de 48 ans, qui était délégué syndical, s’est donné la mort dans son atelier.
Un chef d’équipe âgé de 48 ans,
qui était délégué syndical, s’est donné la mort vendredi matin, dans son atelier de l'usine Saint-Gobain.
Laurent Nogret était
chef d’équipe chez Saint-Gobain depuis 2007, mais aussi délégué CFDT. Hier matin, il a mis fin à ses jours sur son lieu de travail. Agé de 48 ans et père de deux enfants, il s’est pendu dans
l’atelier qu’il dirigeait, quelques minutes seulement après avoir pris son poste. Son corps a été découvert par des salariés.
Les pompiers sont
intervenus très rapidement, relayés par le Samu, mais ils n’ont pas réussi à le réanimer. Son décès a été constaté à 7h40 par le médecin.
En choisissant son lieu de travail pour mettre fin à ses jours, Laurent Nogret a vraisemblablement voulu dénoncer l’environnement professionnel dans lequel il évoluait. Juste avant de se rendre
au travail pour se suicider, il avait en effet posté un message sur Facebook où il faisait part de ses
difficultés professionnelles.
« J’ai décidé de partir définitivement de Saint-Gobain, trop de paperasse à remplir pour une efficacité douteuse, marre de corriger les erreurs des autres, de m’occuper de gamins qui se jalousent
», peut-on lire. Son message fait aussi état de ses relations tendues avec la CGT.
« Il a mis fin à ses jours pour des raisons professionnelles et en aucun cas familiales. Peu à peu, les langues se délient. Il ne supportait plus le mépris de certains salariés qui lui
reprochaient d’être délégué CFDT. Et, par son geste, il engage aussi la responsabilité de Saint-Gobain », estime Sylvain Bellemere, secrétaire général de la CFDT-Picardie.
Une enquête de gendarmerie est en cours pour déterminer les circonstances qui l’ont poussé à mettre fin à ses jours. La direction de l’usine a également engagé des investigations internes, pour
tenter de comprendre ce geste, et mis en place une cellule d’écoute à l’attention de ses salariés. « C’est un véritable choc au sein de l’usine. Comme dans tous les environnements industriels, un
chef d’équipe est confronté à des tensions. Mais au point d’en arriver là, c’est une énorme surprise. Faut-il lier cet acte à l’ambiance au travail? Il est trop tôt pour faire cette conclusion.
L’enquête nous en dira plus, mais il s’agit d’abord pour le moment d’aider sa famille à surmonter cette épreuve », confiait hier soir Antoine Petitcollin, directeur des ressources humaines de
Saint-Gobain Sekurit France.
De son côté, la CFDT aurait d’ores et déjà l’intention d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre du groupe spécialisé dans le vitrage automobile.
Le
Parisien